10 questions – réponses pour choisir sa formation post BAC
L’enseignement post-bac a beaucoup évolué ces dernières années : LMD (Licence-Master-Doctorat), titres certifiés, RNCP, Bachelor… Autant de termes déroutants pour qui n’est pas un professionnel de la formation.
C’est pour cette raison que notre CCI, qui est depuis plus de 40 ans un observateur attentif et un partenaire actif de la formation supérieure, a voulu aider les jeunes et leurs parents à se poser les bonnes questions au moment de choisir une orientation qui conduira à la vie professionnelle.
Avant de plonger dans la lecture, laissez-nous vous rappeler le plus important : avez-vous réfléchi à votre orientation ? Avez-vous pris le temps de construire un début de projet professionnel ? Avez-vous une idée de métier ? C’est seulement une fois que vous aurez mené cette réflexion que ce guide pourra vous être vraiment utile.
1 – Quel est le statut de l’établissement ?
- reconnu par l’Etat,
- sous contrat d’association avec l’Etat
- non reconnu par l’Etat
Toutes les autres appellations ne veulent rien dire.
- Dans une école reconnue par l’Etat, un expert désigné par l’Etat a contrôlé (une seule fois) le fonctionnement, les formations et le personnel d’encadrement et enseignant. Une promotion au moins a été diplômée, et les équilibres financiers sont corrects.
- Dans l’enseignement supérieur, le contrat d’association ne concerne que les classes préparatoires et les BTS.
- Un établissement non reconnu par l’Etat ne reçoit aucune aide de l’Etat, et ne subit aucun contrôle de celui-ci. C’est donc à vous de vérifier la qualité de ce qu’il vous propose.
Note : La FEDE (Fédération Européenne des Ecoles) n’est pas une institution de l’Union Européenne, mais une simple association d’écoles privées de différents pays d’Europe.
A côté du niveau de reconnaissance, il vous faudra également poser des questions sur le fonctionnement de l’établissement : date de création, nombre de promotions diplômées, appartenance à un groupe ou un réseau d’écoles, d’où proviennent les ressources financières, etc…
2 – Quel sera mon diplôme à la sortie ?
La réglementation est très complexe. Eliminons tout de suite les cas faciles : les diplômes délivrés par l’Education Nationale (BTS, DUT, Licences) ne posent aucun problème.
De même, les diplômes d’ingénieurs sont soumis à un contrôle strict.
Mais que faire dans les cas suivants ?
- « Titre inscrit au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) ». Cette dénomination concerne les formations professionnelles débouchant immédiatement sur un métier.
Pas de problème ! Intéressez-vous quand même à la façon dont sera dispensée la formation, à la qualité des intervenants et aux moyens matériels. - « Titre professionnel ». En plus d’être inscrits au RNCP, ces titres sont préparés dans des établissements qui sont soumis à un contrôle pédagogique par l’Etat (le plus souvent le Ministère du Travail). Pas de problème !
- « Diplôme visé ». C’est une très bonne reconnaissance.
Le visa est accordé aux établissements après un contrôle très fouillé, et essentiellement sur des critères pédagogiques : nombre de professeurs permanents, durée des stages, etc… - « CQP ». (Certificat de Qualification Professionnelle) Certificat délivré par des branches professionnelles et qui reconnaît votre compétence dans un métier donné au sein des entreprises du secteur.
- « Master » : soit il s’agit d’un diplôme délivré par une Université, école d’ingénieur ou école de commerce dont le diplôme est visé, sinon, restez prudent !
- « MS » : Mastères spécialisés. Label attribué par la Conférence des Grandes Ecoles.
Signalons enfin que les diplômes de certaines écoles, souvent très spécialisées (par exemple dans le domaine des arts), ne font l’objet d’aucune reconnaissance. Dans ce cas, c’est la réputation de l’école qui devra guider votre choix.
3 – Que vérifier avant le début d’une formation en alternance ?
Il existe deux formules de formation en alternance : le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation.
- Le contrat d’apprentissage se prépare dans des Centres de Formation d’Apprentis, dont le fonctionnement est encadré et contrôlé par les Conseils Régionaux et les Rectorats.
- Le contrat de professionnalisation peut être préparé par tout organisme, sans agrément particulier.
Vérifiez deux points :
- Le diplôme qu’on me propose peut-il vraiment être préparé en contrat de professionnalisation ?
Depuis 2004, un contrat de professionnalisation ne peut en général excéder 12 mois. Seules quelques branches professionnelles autorisent des dérogations. Sachez que si vous voulez préparer un BTS en contrat de professionnalisation, vous avez très peu de chance que le financement de votre formation soit accepté !
- Que se passera-t-il si je ne trouve pas d’entreprise pour m’accueillir ?
Certains centres vous proposent de démarrer votre formation et vous laissent un délai pour trouver une entreprise d’accueil. Mais ce n’est pas toujours facile, et certains secteurs économiques utilisent très peu l’alternance (par exemple la communication). Si, à la date prévue, vous n’avez pas trouvé votre entreprise, on vous proposera alors de « basculer » en formation initiale, et vous devrez payer le coût intégral de votre formation, souvent plusieurs milliers d’euros.
4 – Suis-je sûr de pouvoir aller au bout de mes études ?
Certaines écoles organise la formation en plusieurs cycles, et le premier cycle est souvent appelé « préparatoire ».
Il faut vous renseigner pour savoir ce que recouvre ce terme.
Y-a-t-il une sélection à l’issue de l’année préparatoire ?
Comment est-elle faite ? Les candidats n’ayant pas effectué l’année préparatoire et venant d’autres filières peuvent-ils se présenter ?
Quel est leur taux d’admission ?
De même, les conditions de passage d’une année à l’autre doivent vous être clairement précisées : moyenne nécessaire, notes éliminatoires, obligation de faire des stages, etc…
5 – Que comprend le prix ?
Vous allez être amené à signer un contrat de formation.
Ce document vous engage pour plusieurs années, il faut donc le lire très attentivement.
Face au prix qui vous est demandé, vérifiez en particulier :
- Si vous décidez finalement de ne pas entrer dans cette école, que devrez-vous payer ? Toute les écoles demandent des arrhes à la signature du contrat, et les conservent en cas de désistement. Mais certaines vous obligeront à payer l’année complète.
- Si vous abandonnez en cours d’année, que devrez-vous payer ? L’école acceptera-t-elle un paiement partiel, ou devrez-vous payer l’année complète ?
Vérifiez également ce que contient le prix :
les fournitures et les matériaux, l’accès à un photocopieur, la participation aux voyages éventuellement prévus. Tout cela est très variable. Si ce n’est pas prévu, vous devrez l’ajouter à votre budget.
Vérifiez enfin si l’établissement est autorisé à accueillir des boursiers.
6 – Comment serai-je suivi ?
La vie au sein de l’établissement va comporter deux grandes parties : l’enseignement et la vie quotidienne.
Voici les principaux points d’attention :
- Nombre d’enseignants ? Quelle est leur expérience ? (par exemple pour une formation professionnelle ont-ils exercé ou exercent-ils encore le métier qu’ils enseignent ?)
- Qui est l’interlocuteur principal des étudiants ? Une secrétaire ou un responsable pédagogique ? Quand est-il disponible ?
- Pour une matière, les étudiants sont-ils assurés d’avoir le même formateur toute l’année ?
- Quelle est la taille des groupes dans les différentes matières (notamment dans les cours de langues) ?
En cours d’informatique, y-a-t-il un poste pour chaque étudiant ? - Quand et comment ont lieu les examens ?
- A qui sont envoyés les bulletins de notes ?
- Y-a-t-il des étudiants qui ne sont pas admis en année supérieure ? Combien ? Que deviennent-ils ?
- La qualité du travail des enseignants est-elle évaluée par écrit en fin d’année ?
- Comment sont contrôlées les absences, et que se passe-t-il en cas d’absences injustifiées ou trop nombreuses ?
- Quelles sont les règles de discipline ? (Demandez une copie du règlement intérieur).
- Demande-t-on aux étudiants d’avoir un comportement professionnel (par exemple pour des futurs commerciaux, doivent-ils s’habiller en costume-cravate ?).
7 – Quelles conditions matérielles ?
La qualité de la formation dépend aussi de la qualité des moyens qui sont mis à la disposition des étudiants. Le meilleur moyen de les vérifier est de visiter l’établissement de la façon la plus détaillée possible, et de rencontrer des étudiants pour obtenir des renseignements vécus, et non seulement commerciaux.
Vous serez particulièrement attentif :
- Au nombre et à la qualité des salles de formation, à la qualité de leur mobilier, à la présence de rétroprojecteurs ou vidéoprojecteurs.
- A la présence d’un centre de documentation. Vérifiez le nombre d’abonnements souscrits.
- A la possibilité d’utiliser en libre service du matériel informatique, au nombre de postes disponibles par rapport au nombre d’étudiants, et à la vétusté du matériel mis en libre service.
- A l’existence d’une ou plusieurs cafétérias, salle de repos, foyers,…
- A la localisation du ou des lieux de formation (Y en a-t-il un ou plusieurs ? Sont-ils accessibles ? Sont-ils dans des quartiers correctement desservis ?).
8 – Comment vais-je trouver mes stages ?
Les stages sont une partie importante et souvent obligatoire de la formation, mais ils ne sont pas toujours faciles à trouver. Vérifiez donc l’aide que l’établissement prévoit de vous apporter.
- Existe-t-il un service ou une personne chargée des stages ? Quelle part de son temps y consacre-t-elle ?
- Quelles sont les actions de l’établissement pour rechercher des offres de stages : courriers aux entreprises, démarchage téléphonique, fichier mis à la disposition des étudiants, appel aux anciens de l’école ?
- Des offres de stage sont-elles affichées ? (Et de quand datent-elles ?).
- Combien d’offres l’établissement reçoit-il chaque année de la part des entreprises ?
- Quelle est la proportion des étudiants qui trouve son stage seul, et quelle est la part qui trouve son stage grâce aux offres de l’école ?
- Surtout, parlez-en avec des étudiants, vous aurez ainsi une idée de la façon dont les choses se passent réellement.
Note : Si vous devez effectuer un stage à l’étranger, l’aide de l’établissement vous sera encore plus précieuse.
Vérifiez aussi le nombre et la durée des stages qui vous seront demandés. En effet, certaines écoles ont tendance à réduire au minimum la partie « théorique » de la formation. Attention donc à l’équilibre entre théorie et pratique.
9 – Cette formation débouche-t-elle vraiment sur un emploi ?
La recherche d’emploi et le placement à l’emploi (statistiques, enquêtes).
L’emploi est l’objectif de la plupart des formations, mais toutes n’offrent pas les mêmes débouchés. Il faut donc vérifier d’abord le placement des anciens, ensuite les aides que peut vous apporter l’établissement dans votre recherche d’emploi.
Le placement des anciens.
- Il se mesure de deux façons : le taux de placement à 6 mois ou à 12 mois, et le délai moyen pour trouver un emploi.
- Vérifiez que l’établissement tient à jour au moins une de ces statistiques et faites-vous communiquer les résultats.
- Vérifiez également si les chiffres distinguent le placement en CDI et en CDD (même si cette distinction a de moins en moins de sens, car la plupart des premiers emplois sont en CDD).
- Vérifiez également si ce taux distingue ceux qui ont trouvé un emploi correspondant au métier pour lequel ils se sont formés. Par exemple, suivre une formation de comptable et se retrouver chauffeur n’est pas vraiment un signe de succès pour la formation.
- Certains établissements vont plus loin, et font remonter leurs enquêtes sur 3 ans ou plus. Dans ce cas, vous aurez aussi une bonne indication de l’évolution des diplômés.
- Parfois, ces enquêtes donnent aussi des informations sur les niveaux de salaire. Ce sera une indication précieuse pour votre choix de métier futur.
Les aides à la recherche d’emploi.
Même si la recherche d’emploi est d’abord une affaire personnelle, l’aide de l’établissement peut s’avérer précieuse de deux façons :
- Dans la préparation : la formation prévoit-elle un module de Techniques de Recherche d’Emploi (TRE) ? Si oui, que contient-il ?
Au minimum, ce module doit vous aider à préparer votre CV et votre lettre de motivation. Pour être vraiment efficace, il devrait comporter également une ou plusieurs simulations d’entretiens de recrutement. Certaines écoles iront même plus loin en prévoyant un travail pour vous aider à construire votre projet professionnel.
- Dans la recherche : l’école est-elle en relation avec des entreprises ? (Par exemple, y-a-t-il un club d’entreprises partenaires ?). L’école reçoit-elle des offres d’emploi ? Combien par an ? Comment sont-elles mises à la disposition des étudiants et anciens ? Y-a-t-il une association des anciens ? Quelles sont ses activités ?
10 – Si je le souhaite, pourrai-je poursuivre mes études après cette formation ?
La poursuite d’études ne doit pas être un objectif absolu, car beaucoup de métiers ne nécessitent pas d’avoir des quantités de diplômes. Mais il n’est pas interdit de se poser la question… De plus, cette question vous donnera également une idée de la qualité du diplôme délivré par l’établissement.
- Combien d’étudiants poursuivent des études ?
- Vers quelles filières ? Et surtout dans quelles écoles ? N’hésitez pas à demander des chiffres précis sur la ou les années passées.
- Le diplôme donne-t-il des équivalences (par exemple avec certaines parties d’une licence, ou le DPECF) ?
- Si l’école affirme que le diplôme donne des équivalences, ou si vous avez un projet précis de poursuite d’études, vous pouvez aller voir l’établissement qui donne l’équivalence (en général une université), et poser les questions suivantes : si j’ai tel diplôme, puis-je rentrer chez vous ? A quel niveau ? Y-a-t-il eu d’autres titulaires de ce diplôme qui sont entrés chez vous récemment ?
CONCLUSION :
Vous voilà au terme de votre recherche. Vous devez maintenant prendre une décision, qui va engager pour plusieurs années votre vie ou la vie de votre enfant. A ce stade, laissez-nous vous rappeler une vérité : le diplôme ne fait pas tout.
- Le diplôme ne fait pas tout car, après quelques années d’expérience professionnelle, le diplôme cède le pas aux réalisations effectives dans l’exercice du métier.
- Le diplôme ne fait pas tout car, depuis 4 ans se développe concrètement l’idée de formation tout au long de la vie : en utilisant la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), le Droit Individuel à la Formation (DIF), le Congé Individuel de Formation (CIF), la professionnalisation, chacun aujourd’hui a la possibilité de développer ses compétences, d’en acquérir de nouvelles et même de changer de métier.
- Le diplôme ne fait pas tout car, dans l’exercice du métier, les qualités personnelles ont une place très importante, et sont souvent déterminantes pour évoluer. C’est autant la capacité d’adaptation, l’énergie, le sens du service au client et du travail bien fait qui ouvrent des portes, que le parchemin que l’on a acquis voici de nombreuses années.
Bonne chance ! Bonnes études !






